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La Révolution

Louis Alexandre de La Rochefoucauld (1742-1792)

Fils de la duchesse d’Enville, il devient duc de La Rochefoucauld à la mort de son grand-père Alexandre de La Rochefoucauld. Dès lors, en tant que duc et pair, il est un des personnages les plus importants du royaume.

Au siècle des Lumières les idées nouvelles foisonnent. Les concepts voyagent avec les hommes et leurs livres... 1776, les 13 colonies américaines se déclarent indépendantes. Benjamin Franklin arrive en France. Il est accueilli avec enthousiasme par la noblesse éclairée. Le modèle de démocratie américain séduit ces élites bercées de l’esprit des Lumières. Afin de mieux diffuser ces idées nouvelles, Louis-Alexandre de La Rochefoucauld s’attache à traduire en français les constitutions du Delaware, du Maryland, de La Virginie et de la Caroline du Sud. La première édition paraît en 1778.

En 1776, Lafayette part en Amérique. Il en revient en 1779, plein de récits qui subjuguent le duc de La Rochefoucauld.

Enthousiasmé par l’indépendance américaine, il se passionne pour la Révolution française. D’un engagement politique franc et entier, il sert au mieux les intérêts du peuple français. Elu pour la Noblesse aux Etats Généraux de 1789, il fait partie avec Lafayette des tout premiers nobles qui rejoignent le Tiers Etat. Président du département de Paris en 1791, il est désavoué un an plus tard. Le 16 août 1792, un mandat d’arrêt est lancé contre lui : il avait refusé d’émigrer malgré les menaces qui planaient sur lui. Il est arrêté avec sa mère et son épouse à Forges-les-Eaux le 4 septembre 1792. C’est à Gisors lors de son transfert que Louis Alexandre de La Rochefoucauld est massacré à coups de pierre sous les yeux de sa mère et de sa femme.

La duchesse sauvée par les habitants de La Roche-Guyon

Près de 1000 prisonniers, nobles, anciens ministres, prêtres, sont massacrés entre le 2 et le 6 septembre 1792. La duchesse d’Enville et sa belle-fille y échappent mais sont emprisonnées le 2 septembre 1794. C’est une pétition signée par les habitants de La Roche-Guyon qui les libère un mois plus tard à peine, témoignant par là-même leur attachement ou leur reconnaissance envers une grande dame qui avait fait beaucoup pour le village.

La duchesse d’Enville meurt à Paris le 31 mai 1797. Son gendre, Louis Antoine de Rohan-Chabot fait déposer son coeur dans la chapelle du château de La Roche-Guyon. Alexandre Louis Auguste de Rohan-Chabot (1765-1816), le petit fils de la duchesse hérite du domaine.


Le 2 octobre 1793, le Conseil Général de Seine et Oise ordonne que le donjon soit démantelé. Il craignait que celui-ci ne devienne dangereux s’il était pris par les contre-révolutionnaires. On commence donc à démonter le symbole de la féodalité. Les pierres sont jetées du haut pour combler les enceintes.

La démolition ne sera pas totale, mais le donjon perdra presque un tiers de sa hauteur initiale ! Les pierres détachées serviront de matériaux de construction aux Guyonnais. En un sens, le donjon fait partie intégrante du paysage et du village de La Roche-Guyon !


Le visiteur qui se rend à La Roche-Guyon ne manquera pas d’observer l’architecture du bâtiment qui fait presque face au château.



Bâtiment monumental avec ses colonnes, la mairie est inaugurée en 1847. Elle asseoit le pouvoir municipal qui se substitue au pouvoir ducal dès 1790.