Bienvenue au Château de la Roche-Guyon
Recherche
Libre
Par mot-clé

Le jardin potager à la française

Au XVIIème siècle, un premier jardin est créé en bordure de Seine à l'initiative de Madeleine Le Tellier de Louvois, épouse de François VIII de La Rochefoucauld.
Il est constitué à l'aide de remblais et protégé des inondations au sud par un mur en brique et en pierre qui forme une digue. En 1697, il se présente comme un carré clos divisé en quatre parties par deux allées orthogonales. A l'ouest et à l'est, deux bosquets aménagés en promenades ombragées complètent l'ensemble.

Dans le premier tiers du XVIIIe siècle, le jardin est réaménagé à l’initiative du duc Alexandre de La Rochefoucauld.

Il est agrandi à l’est et à l’ouest par deux parcelles. La surface du terrain s’élève alors à plus de trois hectares. Ces parcelles sont aménagées en bosquets d’agrément. Ils présentent une succession de salles vertes reliées par des allées sinueuses qui mettent en valeur la position centrale du potager. Son implantation dans l’axe principal de la demeure en fait un élément majeur de la composition monumentale du domaine.

Un document d’époque ("Veüe du chasteau de La Roche-Guyon du costé de la rivière. Plan du jardin potager avec l’arrangement des arbres par quarré. Les noms des espèces en 1741", Archives départementales du Val d’Oise) permet de connaître l’organisation du potager en 1741. Des allées en étoile recoupent les quatre parterres carrés en trente-deux parcelles triangulaires bordées d’arbres fruitiers. Au centre de chaque carré se trouve un bassin qui sert autant à l’agrément qu’à l’arrosage. Le réseau de fontainerie qui alimente ces bassins est le prolongement de celui qui fournit l’eau au château et à la fontaine du village. L’ensemble de cette adduction a été réalisé en 1742 à partir du captage de sources à Chérence, village situé sur le plateau à trois kilomètres.

Le document comporte la liste exhaustive et le plan de plantation des variétés qui étaient cultivées dans le verger potager. On dénombre 675 arbres répartis selon les usages du temps en 442 poiriers, 143 pommiers, le reste étant constitué de pruniers et de pêchers conduits en espalier. La plupart des variétés anciennes a pu être retrouvée et replantée lors de la rénovation du potager.

L’organisation du verger potager de La Roche-Guyon dénote une tradition classique marquée par une bonne connaissance de la botanique. Alexandre de La Rochefoucauld et sa fille, la duchesse d’Enville, possèdaient dans leur bibliothèque l’essentiel des traités d’arboriculture fruitière. Proches des milieux de l’Encyclopédie et du mouvement des physiocrates, ils ont eu à coeur de faire de cet espace un jardin d’expérimentation et de production.

Jusqu’au début du XXe siècle, le potager cultivé par les jardiniers du château conserve son ordonnancement classique. Puis il est loué à un maraîcher. Abandonné dans les années 50, le site a été recouvert par la végétation jusqu’à sa récente métamorphose qui réconcilie patrimoine et création.


Le jardin potager d’aujourd’hui

      LE POTAGER-VERGER AUJOURD’HUI, LE POTAGER-VERGER DEMAIN...     
une période de transition

2004
La restauration du Potager-Verger historique a été conduite par Pierre-André Lablaude, Architecte en Chef des Monuments Historiques, grâce au financement croisé de l’Etat, de l’agence régionale des espaces verts d’Ile de France et du conseil générak du Val d’Oise. L’intention était de revenir au plan original du XVIIIe siècle.

2005 / 2006 / 2007
Plusieurs axes de plantation se superposent et après quelques saisons d’entretien le potager-verger s’essouffle.

L’Etablissement Public de Coopération Culturelle (EPCC) du Château de la Roche-Guyon juge alors utile de confier aux paysagistes Gilles Clément et Antoine Quenardel, une mission de conseil et d’accompagnement pour la mise en valeur de l’ensemble des espaces extérieurs du Domaine.

 2008

Cette saison marque le début d’une période de transition qui doit permettre de faire évoluer le Potager-Verger. Désormais :

    L’EPCC du Château de la Roche-Guyon embauche 3 jardinier(e)s et reprend la totalité de la gestion du Potager-Verger, jusque là sous-traitée.

    L’utilisation des pesticides (insecticides, herbicides, fongicides ) est proscrite.

    La valorisation des déchets végétaux, par le compostage, a lieu directement sur le site, permettant à la terre de se reposer. Des pratiques culturales telles que le paillage, ou la rotation des cultures sont engagées.

    Une signalétique botanique (famille-genre-espèce) des plantes cultivées, pédagogique (pratiques culturales, anecdotes, recettes ou utilisation des plantes) et historique est mise en place progressivement.

    Les premières parcelles sont semées en prairies, jachères fleuries et engrais verts. Traditionnellement utilisée en culture intermédiaire, cette technique permet de lutter contre les adventices, protège les sols du lessivage lié à la pluie, améliore la structure du sol, fertilise, stimulent l’activité biologique et la biodiversité, renforce la terre contre les maladies ou les parasites.

Les travaux en cours constituent une phase de chantier indispensable.

 2009 / 2010

Le Potager-Verger retrouvera progressivement sa vocation première, initiée au XVIIIe par les La Rochefoucauld :

Un espace de production et d’expérimentation horticole
où semences et biodiversité tiendront une place primordiale.

Le projet prévoit, à terme, d’organiser le potager selon 4 thèmes majeurs permettant la rotation des cultures - cultures maraîchères, légumes annuels - cultures maraîchères, légumes vivaces, plantes aromatiques - cultures agricoles - repos de la terre, jachères, engrais verts, fumure, compost.

Une réflexion sur la question de la récupération et de la gestion de l’eau pour l’irrigation des cultures est également amorcée.


photo Emmanuelle Bouffé

 | 
 |