Ecuries, cour d’honneur, potager, pavillons... Tout au long du XVIIIe siècle, une succession de travaux métamorphose le château de La Roche-Guyon.
Aménagement de la Cour
d’honneur
En 1730,
Madeleine Le Tellier, mère du duc Alexandre de La Rochefoucauld,
entame des travaux sur les remparts du côté est.
Le mur de fortification médiévale est percé. L’architecte
Louis Villars aménage une entrée monumentale de style néoclassique.
Elle ouvre sur un large escalier donnant accès aux pièces
d’apparat. Ici se cotoient l’ancien et le nouveau : le
grand portail classique est composé d’ordres superposés sur
deux niveaux séparés par une balustrade. Il est surmonté d’un
chemin de ronde et flanqué de deux tourelles. La plus ancienne au
sud remonte aux XIIIè-XIVè siècles. La seconde faisant presque
corps avec la falaise date de 1739. Elle
abrite un
escalier à vis qui conduit à la chapelle.
Pour parachever la rénovation de la Cour du haut, les
Communs sont remplacés en 1739. On peut voir au centre le
pavillon de l’Horloge - bien qu’il n’y eut jamais
d’horloge. Les communs cernent la Cour d’honneur avec
l’orangerie troglodytique.
La grille qui clôt l’ensemble sera installée bien plus tard,
vers 1786.
Le jardin potager à la
française
Parallèlement, le duc Alexandre de La Rochefoucauld entreprend un
grand chantier : la distribution d’eau sous pression au
château.
Le potager bénéficie d’irrigation et d’arrosage à
l’aide de bassins reliés au réseau de distribution
d’eau acheminée depuis Chérence à quelques trois kilomètres
de là. L’appellation générique de potager recouvre en réalité
comme à Versailles l’association d’un jardin de légumes
et d’un jardin fruitier.
En savoir plus sur le
potager...
Aménagement de la Cour du
Bas
Après la cour du haut,
c’est la cour du bas que le duc Alexandre de La Rochefoucauld
s’attache à embellir. D’aspect trop médiéval avec ses
fortifications, elle va se métamorphoser.
De 1740 à 1745, le duc de La Rochefoucauld fait construire les
écuries à partir des plans de Villars. Le cheval cabré qui se
trouve au tympan du portail a été sculpté par Jamay. Il a également
travaillé au décor de l’escalier d’honneur. Le chantier
se poursuit en 1749 avec le pavillon Villars, ou pavillon Fernand.
Le duc fait aménager les arcades sous la terrasse du corps de logis
(1752). Le mur d’enceinte démoli, le duc fait poser le
portail aux armes des La Rochefoucauld surmontées de la couronne
ducale.
La cour du bas servait de terrain d’entraînement pour le
régiment de cavalerie ducale.
Le Pavillon
d’Enville
Au XVIIè siècle, Roger du Plessis-Liancourt et Jeanne de Schomberg
avaient fait aménager, à l’ouest du château, une terrasse
accessible par trois baies vitrées percées dans le rempart. La
terrasse occidentale dépassait ainsi du mur fortifié
d’origine. Elle était fermée au nord par une galerie
ornementée à demi enfouie dans le roc. Cette dernière servait de
salle de compagnie.
Mais en 1767 un pan entier de la falaise s’abat en une nuit.
La duchesse confie alors à l’architecte Villars la
construction d’une aile en retour d’équerre sur cette
même terrasse.
Edifié à partir de 1767, il est achevé dans sa décoration en 1770.
Le pavillon d’Enville abrite de grandes richesses qui
témoignent de la vie mondaine et artistique que l’on menait
au château de La Roche-Guyon au siècle des Lumières.
Le grand salon accueille les tapisseries d’Esther.
Véritables joyaux, elles ont été tissées par la Manufacture royale
des Gobelins sur commande expresse de la duchesse d’Enville.
Conçues aux dimensions de La Roche-Guyon, les tapisseries ont
retrouvé leur écrin en 2001, date à laquelle elles ont réintégré le
château.
En savoir plus
sur les tapisseries d’Esther...
La grande bibliothèque,
lambrissée et équipée de rayonnages en bois comptait plus de 10 000
ouvrages. Ceux-ci ont été dispersés avec le reste du mobilier en
1987.
Les rayonnages, quant à eux sont restés. Ayant été commandés sur
mesure et pour cette pièce exclusivement, ils sont considérés comme
"immeuble par nature", tout comme les deux bas-reliefs qui ornent
les dessus des portes dans le grand salon : "Le Génie des Arts" et
"L’Allégorie de la Fortune". A ce titre, ils appartiennent à
la bâtisse en elle-même. Ils ne peuvent être déplacés.
La duchesse d’Enville aimait la musique et la comédie.
Sous le Pavillon d’Enville, elle fait aménager un théâtre
d’une vingtaine de places pour sa famille et ses amis
proches. Il est achevé en 1768. En 1770, on y joue Le Déserteur,
pièce en prose et en trois actes de Sedaine sur une musique de
Monsigny. Actuellement fermé aux visites, le théâtre attend
d’être rénové. On pourra alors y voir son mécanisme
d’origine, le même qu’à Versailles, mais resté intact
celui-là.