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NUIT BLANCHE 2008 ( 25/09/2008 )

Samedi 4 octobre
A partir de 20h30



Une folle soirée en compagnie de Lord Byron, orchestrée par Séverine Batier.



Sur réservation au 08 08 11 09 16 96 ou au 06 72 40 76 66 (entrée libre)


 

Une nuit avec Lord Byron, une nuit de lecture et de jeu où l’on boit, où l’on écoute les vers du poète, où l’on se grise de la musique des mots et des notes.

Sept comédiens et un violoncelliste
vous invitent au voyage

Dans Don Juan, l’amour est un éternel recommencement, provoqué par les femmes, toujours contraint en son zénith par la société et ses représentants. Ce n’est jamais Don Juan qui se lasse ou qui trahit, ce sont les autres qui l’obligent à partir.

Déculpabilisation

En ce sens ce Don Juan est très différent de ses prédécesseurs puisqu’il s’agit d’une entreprise de déculpabilisation et non d’un chemin vers le repentir ou la prise de conscience. Ce que nous voyons apparaître dans cette succession de tableaux drôles et tragiques, c’est une impossibilité à concevoir l’amour au-delà du désir.


Cette mise en voix sera l’occasion de donner à entendre l’adaptation de Don Juan que nous avons réalisée pour la scène. Vous découvrirez par là-même une nouvelle traduction, parue en 2006, de ce poème fleuve et inachevé, écrit par le poète en exil,en Italie.

Patrick Griffiths, au violoncelle, improvisera un dialogue avec le texte et les acteurs.

Quelques boissons préférées de Byron nous permettront de nous rafraîchir.

Nous poursuivrons par la lecture de poèmes, Ainsi nous n’irons plus vagabonder, Ténèbres, Où êtes-vous ô Thomas Moore, et le premier discours politique de Byron à la chambre des Lords, où il prend la défense des ouvriers tapissiers en révolte contre l’arrivée des machines qui les privaient de leur travail.



Don Juan
de Lord Byron
Traduction française Laurent Bury et Marc Porée
Editions Gallimard pour la traduction française

Adaptation et mise en scène : Séverine Batier
 
Avec :

Gauthier de la Touche, Fabrice Dupuy, Valentina Fago, Frédéric Faure, Daniela Labbé- Cabrera, Véronique Petit, Tamara Schmidt.

Violoncelle: Patrick Griffiths


Georges Gordon Noël Byron

est né à Londres en 1788. Il a perdu son père lorsqu’il avait 3 ans et a été élevé par sa mère. Il édite ses premiers poèmes à compte d’auteur à l’âge de 18 ans et devient célèbre « du jour au lendemain » en 1812 avec la parution des deux premiers chants de « Childe Harold ». Premier grand poème épique, né d’un voyage de deux ans en Europe où il visite le Portugal, l’Espagne, Malte, la Grèce, l’Albanie et la Turquie, Childe Harold ne sera achevé qu’en 1818.

Simultanément Byron écrira quantité de pièces de théâtre qui, selon l’esprit contradictoire de leur auteur, ne sont pas destinées à être jouées. Il se fera aussi remarquer par la parution d’un article « Bardes anglais et critiques écossais » où il vilipende les littérateurs du moment ainsi que par son discours d’ entrée à la Chambre des Lords où il prend la défense des ouvriers luddites, ouvriers tapissiers qui cassaient les machines les privant de leur travail, révolte qui se répandit dans toute l’Angleterre et finit dans le sang.


S a liberté d’auteur : un éclat de rire lancé à la face du monde

 Echaudé par l’échec de son mariage, par les problèmes d’argent, par les rumeurs qui courent sur ses mœurs dissolues, il quitte l’Angleterre en 1816 pour ne plus jamais y revenir. Don Juan,
, son second poème épique de XVII chants lui permettra de retrouver sa liberté d’auteur. Il restera inachevé, mais il sera son éclat de rire lancé à la face du monde. Aussi bien dans la forme, avec l’adoption de « l’ottava rima » (strophe de huit vers à rimes croisées et récurrentes) inspirée des burlesques italiens de la Renaissance, que dans le fond où il quitte son image romantique de jeune homme désabusé et ténébreux pour endosser le rôle de narrateur machiavélique. D’autres pièces seront écrites pendant cette période d’exil ainsi qu’un journal intime, détruit à la mort de Byron dont il reste quelques bribes, et une immense correspondance (12 tomes dans l’édition anglaise).

Après la Suisse et un long séjour en Italie, il finira ses jours en Grèce enlevé par une mauvaise fièvre à l’âge de 37 ans, alors qu’il avait engagé sa fortune au service de la cause grecque face à l’invasion turque.

Auteur romantique, renversant le classicisme, en quête d’idéal politique, amoureux, littéraire,

Byron a laissé en Europe, l’empreinte d’un homme fier, libre, séduisant. Il a servi de modèle à ses contemporains et aux générations qui suivirent. Ses écrits et sa vie sont intimement mêlées ; l’œuvre, qui a connu moins de notoriété que les frasques de son auteur, mérite d’être redécouverte car nous sommes face à une production remarquable de la littérature anglaise qui se caractérise par une forte prise de risque, aussi bien littéraire qu’intime et personnelle.


Il échappait au mauvais génie du faux romantisme
             
« Ayant indiqué que 100 ans après je suis toute prête à tomber amoureuse de lui, je pense que mon opinion sur son
Don Juan peut être partiale. C’est, je crois, le plus lisible de tous les poèmes de cette longueur qu’on ait jamais écrits : qualité due en partie à la souplesse de sa méthode, excentrique, galopant au hasard de sa fantaisieC’est ce qu’on avait vainement cherché jusque là. Une forme souple, élastique, susceptible de contenir tout ce qu’il vous plaît d’y verser. Ainsi pouvait-il écrire selon son humeur, et dire tout ce qui lui passait par la tête. Il n’était pas obligé de se montrer poétique et ainsi échappait au mauvais génie du faux romantisme et de la fausse imaginationje maintiens que ces sortes d’ouvrages illicites sont beaucoup plus intéressants  que les livres conventionnels, qui ménagent pieusement, d’un bout à l’autre, les illusions. »


Virginia Woolf in Journal d’un écrivain.


Contact : Sévérine Batier : 06 72 40 76 66 - theatredebuee@orange.fr


 


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